19.07.2007

sélection de livres pour juillet...

Angie ou les douze mesures d’un blues, David McNeil, Editions Gallimard

David McNeil est admirable. Fils de Marc Chagall, auteur de chansons légendaires comme la fameuse Mélissa de Julien Clerc, il a vécu mille vies et sait avec chacun de ses romans en inventer une autre. Dans les romans de David McNeil, les filles sont « bougrement belles », on ne passe jamais loin de l’ivrognerie, de la musique et de vieilles guitares qui n’attendent que d’être ranimées pour rejouer quelques notes de Tangage et roulis.... Le narrateur de son dernier roman nous embarque dans un périple musical bourré de références historiques croustillantes et de personnages légendaires du blues, de vieilles caves de Montparnasse en fiestas rock n’rollesques ! Il va croiser la route d’un célèbre bluesman, Memphis Slim et de « la belle angie », une jeune femme « plus que belle ». Il part la retrouver chez des amis londoniens débutant dans le rock avec un nom emprunté au tube du très célèbre – à l’époque - Muddy Waters, Rollin’Stone… Encore une fois, sans crier gare et avec une immense humilité, la mayonnaise littéraire de ce saltimbanque attendrissant prend parfaitement et séduit autant qu’elle amuse.

Made in Love, Sacha Goldberger, Editions Hoëbeke


Si cet auteur ne fait pas, a priori, dans le roman, ses charmants petits livres nous racontent tant d’histoires qu’on ne pouvait pas passer à côté. Après le succès immense de son Petit livre de je t’aime, mini album de photos irrésistibles de drôlerie et de tendresse, et de sa suite, Bye bye mon amour, voici la version : naissance. Sacha Goldberger prouve une fois de plus que son univers est touchant à souhait et fédérateur, tant il sait évoquer en images douces, loufoques ou décalées les moments particuliers de l’arrivée d’un bébé. Il nous fait voyager dans l’entreprise « Souris&fils - Enlèvement de dents de lait (à toute heure) », s’applique à dresser le constat « amiable » d’un accident entre un spermatozoïde A et un ovule B…. Humour et tendresse sont les maîtres mots de cet auteur singulier, publicitaire de formation, qui sait avec une immense justesse, toucher le plus grand nombre ! Vivement le premier roman !


Cosmofobia, Lucía Etxebarria, Editions Héloïse d’Ormesson

Le dernier roman de la tumultueuse Espagnole, auteur du fameux Amour, Prozac et autres contrariétés, nous offre une galerie de personnages évoluant dans le petit théâtre de la vie au sein du quartier madrilène de Lavapiés, un quartier, comme l’écrit la romancière, «qui se contracte et se dilate comme un muscle cardiaque, où la vie suit son cours rapide et inexorable, en un combat acharné. » À travers dix-sept histoires, elle observe méticuleusement et avec le style engagé et vif qui lui est propre, les drames quotidiens et bonheurs fugaces de personnages séparés par une phobie de l’autre qui rend la vie bouillonnante et complexe. Ce livre apprend autant sur la polyphonie madrilène que sur l’humanité. L’auteur lui donne une portée universelle, colorée de féminisme, qui fait de ce livre, avant tout, un profond livre d’amour.


Hey June, Vincent Le Bee, Editions Hugo & Cie

Bob est marchand de tableaux douteux, « spécialiste de rien du tout », abonné aux petites annonces pour trouver l’âme sœur et fan de Joe Dassin. La rencontre d’une belle pianiste prénommée June, lors d’un vernissage, va faire basculer son quotidien étriqué. Mais elle doit partir à l’étranger pour un concert, le laissant seul après leur premier baiser … Fruit d’une reconversion réussie, Hey June est le premier roman d’un grand directeur artistique parisien, également grand amateur d’art. Il a naturellement choisi le milieu qu’il connaissait le mieux pour y situer l’action de ce roman tendre. On y croise une galerie de pique-assiettes et autres spécimens de soirées mondaines qui gravitent autour de la belle June et de Bob, couple atypique de cette histoire. Tout les oppose et pourtant…Thème rabattu, mais qui fonctionne très bien dans ce roman qu’on lit d’une traite avide de connaître la fin.



Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary, Philippe Doumenc, Actes Sud

Voilà un roman singulier d’une pertinence éclatante qui devrait ravir tous ceux qui ont lu et relu le chef-d’œuvre de Flaubert. Dans ce polar « littéraire », l’imagination de Philippe Doumenc torpille la fin de Madame Bovary et réinvente les causes de sa mort. « Assassinée, pas suicidée », seraient les derniers mots de la célèbre héroïne désabusée, adressés au professeur Larivière. Cette contre-enquête captivante révèle la richesse infinie du chef-d’œuvre de Gustave Flaubert donnant à Philippe Doumenc les clefs d’une nouvelle intrigue à la véracité poignante. Un mari cocufié, un prêteur sur gages, des femmes de caractère, un amant cynique ou un pharmacien concupiscent : autant de suspects potentiels expliquant un plausible assassinat de la Bovary. On est saisi par tous les rebondissements de cette drôle d’affaire, portés par un style fluide et sobre qui sait aller vers Flaubert sans tomber dans l’imitation.

Autour des livres....

Ariel Kenig, l'ange torpilleur: So'chic .gif

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